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  • Photo du rédacteurFlo

Qui suis-je ?

Dernière mise à jour : 28 mars

Chère loupiote, 


Avant de nous rencontrer, il est peut être utile de me présenter, même si c’est une anecdote, autant commencer sur cette note. 

Depuis que je sais écrire, j’envoie des bouteilles à la mer, mais celle-ci est polluée, comment pourrions nous nous retrouver. C’est la mer D E.

Alors me voilà sur la toile à souhaiter faire vibrer, un peu de vie, un peu de joie, parce que je l’admets, je te le dois. 


Il était une fois, c’est le début d’une histoire, et tu peux ne pas me croire, mais je suis de celles qui se soucient de la vérité. Tous mes déboires, mis bout à bout, comme un collier de perles reliées, m’ont emmené jusqu’à toi. Pour être juste, ça va t’étonner, c’est toi-même qui m’a guidé.


Gamine perdue et orpheline, privée de chemins où l’on me tient la main, j’ai avancé, cherché, je me suis trompée, j’ai erré sans lendemain. Le soleil levant ? Ça ne me disait rien. 

Entre colère et impuissance, les deux parfums de cette voie lactée, j’ai grandi en cadence me faisant bouffer par une sombre araignée. J’y ai laissé ma peau, au sens propre, pas au figuré, mais finalement, c’était pas cher payé. 


Têtue entêtée dans ma caboche en bois ? M’obstiner était la clé, perdant tout mon trousseau pour garder mon humanité.  

Quand on te fouette de mots abjectes et te traîne l’innocence de boue en boue, inutile de crier, ton sort est scellé… Adjugée ! 

Mais pas vendue. J’ai appris qu’il y a au moins une chose qui ne s’achète pas, le plus précieux en soi, c’est nous, qui me frappe, te frappe toi !

De guerre lasse je vais pas te cacher, plusieurs fois, j’ai tout laissé tomber.  


Je me suis équipée, de hargne et de fer forgé, mon âme et mon esprit bien planqués qu’est ce que tu crois, j’y suis allée. J’ai feinté, esquivé, continué, armée de mon courage, mon cœur sur mon blouson pour m’apercevoir que mon blindage n’était qu’un piteux carton. 

Jusqu’au lendemain… Parce que demain dès l’aube, connais-tu la suite, je rendais visite à ma tombe pour que je ressuscite. 

Que le chemin est dangereux quand on protège en soi ce que l’on a de plus précieux : il n’y a pas de doute, c’est ca, être ambitieux. 


Tu peux comprendre qu’il m’a fallu construire une culture de résistance, et c’est bien de savoir lire, qui m’a offert cette chance. Entourée de vampires, avais-je vraiment le choix, j’ai imaginé un empire où l’humanité serait foi.

Idéaliste paraît-il, je plaide coupable ! Est-ce le hasard si après tout, depuis petite je tiens un message, un présage, un caillou tel une pépite. 


Tout part d’un poème, il m’a offert moultes renaissances. Plus qu’un totem, il est devenu mon tuteur, je ne parle pas de son auteur. 

La poésie s’est démodée, pourtant, il y en a à partager même si j’avoue, c’est pas vraiment ma tasse de thé. Mais Hugo, Desnos, Rilke ou Kipling… Ce sont les maux qui nous relient et c’est en partie dans leurs pages que ma famille s’est agrandie. 


Alors bonne lecture de ce “if” traduit, qu’à toi aussi il te permette de mettre du jour dans toute cette nuit. 



A bientôt. 


Pk.    


Pour voir une illustration personnelle de ce poème et aller dans la galerie, cliquez ici


Tu seras un homme mon fils


Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie

Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,

Ou, perdre d’un seul coup le gain de cent parties

Sans un geste et sans un soupir ;


Si tu peux être amant sans être fou d’amour,

Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre

Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,

Pourtant lutter et te défendre ;


Si tu peux supporter d’entendre tes paroles

Travesties par des gueux pour exciter des sots,

Et d’entendre mentir sur toi leur bouche folle,

Sans mentir toi-même d’un seul mot ;


Si tu peux rester digne en étant populaire,

Si tu peux rester peuple en conseillant les rois

Et si tu peux aimer tous tes amis en frère

Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;


Si tu sais méditer, observer et connaître

Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;

Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,

Penser sans n’être qu’un penseur ;


Si tu peux être dur sans jamais être en rage,

Si tu peux être brave et jamais imprudent,

Si tu sais être bon, si tu sais être sage

Sans être moral ni pédant ;


Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite

Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,

Si tu peux conserver ton courage et ta tête

Quand tous les autres les perdront,


Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire

Seront à tout jamais tes esclaves soumis

Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un Homme, mon fils !


R.Kipling

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